Ce n'est pas la première grève à laquelle j'assiste à Ayacucho. Il y en a eu des dizaines depuis que je vis dans mon pueblo de Ayacucho. Grèves du secteur publique : des jours de rassemblements sur la Plaza, défilés pacifiques et siting avec des drapeaux rouges à l'effigie de chaque institution, présence policière sereine.
Les grèves craintes par la population et j'imagine par les politiques sont les grèves du secteur agricole. Ces grèves sont nationales ou régionales, en général durent deux jours, tous les commerces, institutions, entreprises ferment leurs portes, les manifestants peuvent se montrer violents. On sort dans la rue mais avec précaution, on toque aux portes des commerces dans lesquels on se faufile rapidement pour acheter quelques denrées, on reste chez soi tranquillement, d'autant plus quand on est gringo. Mes souvenirs des dernières grèves n'ont rien d'effrayants. Au contraire, dans l'après midi lorsque les manifestations prennent fin, je revois les habitants installer les filets de volley entre deux poteaux et s'adonner à leur sport préféré profitant de la tranquillité des rues.
Les dernières grèves : la violence, l'incompréhension, le non sens des gouvernements….
Lundi . 1er jour de grève agricole. Grève nationale. Le climat est serein, défilé, siting…..jusqu ici tout va bien.
Mardi. Plus de monde, et le bilan est meurtrier. Deux morts alors qu'un hélicoptère survolera la ville toute la journée. Raisons de la mort controversées quoi qu il en soit un jeune de 26 ans et un homme de 40 ans sont tombés sous les mains de la police.
Mercredi. Les manifestations continuent. Nous restons confinés dans nos maisons, dehors, à quelques pâté de maisons un climat de guerre règne. L'hélicoptère tourne, des détonations chaque minute, suivient de fumés (bombe lacrymogène), on entend les cris de la foule…
On ne revendique plus contre la privatisation de l'eau, des sites culturels, des lois drastiques envers les récolteurs de feuilles de coca (pas d'amalgame, toute la production de coca ne sert pas à la cocaïne, loin de là), Aujourd hui on défile avec la colère au ventre, colère des représailles policières meurtrières (d'autres villes du Pérou furent la scène de morts inacceptables), de l'indifférence de l'État. Des groupes arrivent de toute la région, la nouvelle a fait des étincelles.
Bilan : un mort de plus, de nombreux blessés, des maisons brûlées, le commissariat en mauvaise état……une ville sous le choc.
Les organisations appellent au calme : nos vies sont en danger!
Au soir, quelques voitures circulent, les resto ouvrent timidement, la ville reprend une teinte de normalité…
Que fait le gouvernement? Qu'attend il pour écouter le peuple? Le problème est il vraiment les privatisations ou la non information à la population de ce que cela signifie, des conséquences…(et en Quechua s'il vous plaît) Ces gens qui d'or et déjà vivent dans la misère, qui se relèvent doucement de 20 ans de guerre civile, d'atrocité et d'indifférence de leur gouvernement, de leur nation.
Aujourd'hui tout est revenu en surface normal, mis à part la présence de policier en arme à tous les coins de rues.
Pas de danger pour moi, je suis restée bien tranquillement chez moi, en toute sécurité dans une incompréhension et une déception notable face au gouvernement péruvien….sentiment que l'on peut ressentir face à tant de gouvernements….
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